Foutebol
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Le foot qui s'amuse à réfléchir


Berisa Aleks


Berisa Aleks - 16 ans - Équipe de France des SDF


Aleks Berisa est un jeune immigré kosovar de 16 ans qui vit depuis quelques mois à Poitiers

Il a participé à la coupe du monde des sans-abri qui s’est jouée du 21 au 28 août dernier, au pied de la tour Eiffel. Tous les joueurs participants ont été sans abri dans les douze derniers mois. Chassés de leur Kosovo natal, Berisa, ses petites sœurs et ses parents ont trouvé refuge à Poitiers. Ils sont dans l'attente d'une régularisation. Berisa se bat pour la reconnaissance des droits d’asile de sa famille et…


J’arrête là, il est chiant ce portrait

C’est tellement plus marrant de faire le portrait des vrais stars du ballon rond : Ronaldo, Eto’o, Rooney et consorts. Des vrais winners blindés aux as, qui exhibent leur réussite à grands coups de bagnoles de sport, de tenues fashion, de bimbos affriolantes et de villas de luxe. II faut bien reconnaître que c’est difficile de faire de l’humour avec des pauvres gens.


Les nécessiteux ne sont pas drôles. Pire, ils nous attristent.

En fait, ils sont pénibles ces pauvres. Non contents de mendier dans la rue, ils viennent étaler leur misère dans notre site Foutebol.com avec ostentation et tout ça sous le prétexte fallacieux qu’il faudrait les réinsérer. Encore un peu et ils nous gâcheraient notre plaisir d’admirer tous nos champions millionnaires. Pire, avec leur air de ne pas y toucher, ils seraient à deux doigts de nous coller mauvaise conscience. « Salauds de pauvres » comme disait Jean Gabin, dans « La traversée de Paris » (film de Claude Autant-Lara). En fait, le pauvre est culpabilisant. Il manque considérablement de retenue, de pudeur. Quand on est sale, malodorant et mal fagoté, on ne la ramène pas, on se montre humble et on se fait discret. Cher lecteur, je m’excuse d’avoir fait un portrait de SDF qui n’a strictement rien à faire dans un site de foot qui n’a pas à s’embarrasser de questions sociales pénibles et encombrantes.
Ça ne se reproduira pas.





* Née il y a cinq ans, la Coupe du monde de football des sans-abris mène un projet de réinsertion sociale par le foot. Remettre les plus démunis dans le jeu de la vie par une compétition sportive internationale. Soixante-quatre délégations venues de cinquante-trois pays, quarante-huit équipes masculines ou mixtes et seize équipes féminines. Parrainée par les footballeurs champions du monde Emmanuel Petit et Lilian Thuram, la Homeless World Cup vise à « donner une image différente des personnes en grande difficulté, une image positive, collective, entreprenante via une démarche de valorisation de la pratique sportive ».