Foutebol
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Le foot qui s'amuse à réfléchir


Bergkamp Dennis


42 ans / 1m84 / 76 kg (à l’époque) - Retraité - Attaquant - International néerlandais (79 sélections)


Dennis Bergkamp - 2003 - Alexander Ottesen - Wikimedia Commons
Dennis Bergkamp - 2003 - Alexander Ottesen - Wikimedia Commons
Voilà un joueur flamboyant qui aura marqué sa génération. Techniquement surdoué, cet élégant attaquant, formé à l'Ajax Amsterdam, a joué à l'Inter Milan avant de faire la joie des Canonniers d’Arsenal. On se souvient notamment de son but fantastique contre Newcastle United, où, sur une passe de Pires, à quelques 30 mètres de la surface, Dennis Bergkamp, fait un grand pont à son adversaire, Níkos Dabízas, alors qu’il est dos à lui... Qu’il est dos au défenseur. Je ne sais si tu me suis ? En fait, il pivote autours de Níkos Dabízas en faisant passer la balle derrière lui sans la contrôler... Essaye de te concentrer un peu. Sinon, on n’y arrivera pas. Dennis vire dans le sens opposé de la course du ballon. Tu vois ? Non !? Pfouuuu ! Il réalise un contrôle du pied gauche qui lui permet de faire passer la balle derrière lui. Ça c’est clair ? Non ! T’es miro ma parole ! J’ai l’impression que ce n’est pas ton point fort la visualisation. Bon, écoute, on ne va pas y passer le réveillon, je te mets la vidéo en dessous parce que tu m’agaces.



En plus, ce n’est pas de ça dont je voulais te parler mais de sa phobie

De la phobie de Bergkamp pas de celle de Níkos Dabízas. Que l’on s’entende bien, je ne dis pas que Níkos Dabízas n’a pas de phobie. Je n’en sais rien. Il souffre peut-être d’Arachnophobie (Peur des araignées) ou d’Hylophobie (Peur des forêts) ou de Nosophobie (Peur de la maladie) ou de Achluophobie (Peur de l'obscurité) ou d’Apopathodiaphulatophobie (Peur d'être constipé) ou de Coulrophobie (Peur des clowns) ou de Squalophobie (Peur des requins) ou de Paraskevidékatriaphobie (Peur du vendredi 13) ou de tout ce qu’il veut, on s’en contre fiche parce que je ne fais pas le portrait de ce brave Niko mais celui de Dennis. Il faudrait voir à se recentrer un peu. Ce portrait part dans tous les sens. C’est pénible à la fin !

Donc, l’ami Bergkamp (c’est une façon de parler, je ne le connais pas personnellement) souffrait d'une phobie de l'avion (aérophobie). Lorsque son équipe évoluait à l’extérieur, ce pauvre diable était contraint de voyager en train ou en voiture pour rejoindre le lieu du match. Cette petite fantaisie s’avérait particulièrement fastidieuse lors des matchs de Coupe d'Europe ou des matchs internationaux puisqu’il était dans l’obligation de partir plusieurs jours avant ses coéquipiers ou pire, de renoncer à apparaitre sur la feuille de match.

Cette disgrâce lui avait valu d’être surnommé « The non-flying Dutchman » (« Le Hollandais non-volant »), en référence au fameux bateau fantôme « The Flying Dutchman »*. Quelle cruauté ! The man is a wolf for man ! (L’usage fréquent de la langue de Shakespeare dans la rubrique « Pas Ni Ni » a pour objet d’élargir son lectorat auprès des pays anglo-saxons.)

Après des mois d’investigation, j’ai pu rencontrer son médecin de famille, le Dr Joop Wikipé, qui pense que « cette phobie serait due à une fausse alerte à la bombe sur un vol que devaient prendre les Hollandais lors de la Coupe du monde 1994 aux États-Unis. Cela lui aurait rappelé le crash d'un avion, à bord duquel de nombreux surinamo-hollandais ont péri en juin 1989. » Dont acte.

Je me dis comme ça que si les 23 sélectionnés français pour la dernière coupe du monde, disputée en cette lointaine contrée, l’Afrique du sud, avaient été aérophobes, cela nous aurait peut-être épargné cette pénible sensation de ridicule.

*La légende : (Wikipédia)
Un navire hollandais est pris dans une violente tempête alors qu'il tente de franchir le cap de Bonne-Espérance. L'équipage supplie le capitaine de chercher un abri mais il refuse et s'enferme dans sa cabine pour fumer et boire. La tempête s'aggravant encore, le capitaine défie le ciel de couler le navire. Une forme lumineuse se matérialise à bord du bâtiment devant l'équipage terrorisé. Le capitaine injurie alors l'apparition, braque sur elle un pistolet et tire, mais l'arme lui explose dans la main. Une voix s'élève alors pour lui déclarer : « Puisqu'il te plaît tant de tourmenter les marins, tu les tourmenteras, car tu seras le mauvais esprit de la mer. Ton navire apportera l'infortune à ceux qui le verront. ». Cette légende inspira, en 1834, une nouvelle au poète allemand Heinrich Heine : les Mémoires de Monsieur de Schnabelewopski qui, mêlée à d'autres éléments de la légende, servit de thème au livret de l'opéra de Richard Wagner créé en 1843.