Foutebol
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Le foot qui s'amuse à réfléchir


Battle Royal


7. Comme le numéro floqué à la carrière de Robert Pirès. Comme le score de Ségolène Royal aux primaires socialistes. Deux personnalités face à un grand combat : celui de trop.



Les larmes coulent le long de son visage qui n'a plus rien de lisse.

Où l'on voit pour une fois les affres du temps, des conquêtes, heureuses, des défaites, douloureuses, imagées par ces rides en patte d'oie au coin des yeux que tous les cosmétiques ou autres opérations ne sauraient camoufler. La voix se fait chevrotante, le geste frénétique, les tremolos viennent se joindre au flot d'eau salé qui en met un sale coup à son maquillage. Qu'il est dur cet éclairage médiatique faisant briller ses larmes. Guettant la désolation quand hier il cherchait à capter à loisir la fermeté, la conviction, la joie et l'abhération. Jouée, calculée, habillée, souvent. Mais c'est une autre personne qui apparaît devant les caméras ce 9 octobre. Ségolène Royal apparaît nue après la proclamation des résultats des primaires socialistes. 7 %. Laminée par la vague Montebourg. Écrasée par les deux autres éléphants candidats à la candidature.




Médaille of honneur

L'égérie de 2007 est devenue paria. Le rose éclatant de la dernière présidentielle a fané. La chute était annoncée. La présidente du Poitou-Charentes a voulu l'enrayer, luttant contre ces instituts de sondage mensongers. Elle allait le montré, elle, l'incarnation d'une femme qui pourrait devenir la première du pays, sans passer par la mairie en ayant à épouser un Président de la République. Elle allait prouvé que cette promesse faite aux militants à un balcon de la rue de Solférino en mai 2007 après sa plus grande bataille n'était pas une énième formule de politique politicienne. Oui, elle serait encore là en 2012 pour défendre les chances de la gauche à l'élection suprême et mettre en application ses désirs d'avenir.

Mais elle a perdu. Elle est perdue. Elle L'a perdu ce combat. Celui de trop. Pour une raison qui se dessine en forme de lapalissade : parce qu'elle l'a livré. Choisir c'est renoncer. Et renoncer, c'est parfois choisir une sortie honorable plutôt que de s'engager dans une bataille perdue d'avance. Sentir le bon moment pour raccrocher. L'esquive peut être une forme de bravoure s'il n'est pas teinté de lâcheté. Pourquoi partir à la bataille avec un couteau face à une armée outillée en masse d'AK 47 ?. Pour l'honneur ? Belle affaire.



Ségolène Royal, Guillaume Garot et Najat Belkacem, Fête de la fraternité, 2009, à Montpellier - Mikani - Wikimedia Commons
Ségolène Royal, Guillaume Garot et Najat Belkacem, Fête de la fraternité, 2009, à Montpellier - Mikani - Wikimedia Commons

Seven

En politique comme en sport, les années sont cruelles. Comme les défaites lorsqu'elles s'accumulent. Et cet honneur s'évapore plus vite qu'il ne s'est enrichi. Son numéro 7 filant au au vent sur son côté gauche à briller pendant quinze ans. Il est aujourd'hui teinté de sépia mais il veut encore le voir apposer sur un maillot. Une dernière fois. A presque 38 ans. Pour ne pas finir sur un échec, comme à Aston Villa où il était allé se perdre la saison dernière avec Gérard Houiller. Robert Pirès veut son dernier round. Une vingtième année de professionnalisme. Ce qu'il ne manque pas de rappeler à chacune de ses interventions médiatiques. Déjà dans son costume d'avenir de consultant, il regarde vers le passé, multipliant les appels du pied et en profondeur pour trouver une tunique à enfiler. « Je reste ouvert à une éventuelle proposition mais je me laisse glisser tranquillement vers la retraite et la vie de famille » livrait t-il fin août sur Canal Plus. Au chaud, devant la cheminée. Une place parfaite et adaptée. Là où il pourra à loisir visionner ce débordement magique en finale de l'Euro 2000. Et ne pas le ternir en usant encore ses crampons.