Foutebol
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Le foot qui s'amuse à réfléchir


Ballon dort, pour l'éternité


Le 1er novembre, l'Académie du Ballon d'or a fait connaître la liste des 23 nominés de l'édition 2011. La veille, lundi 31 octobre, le 12e
titulaire du trophée, celui de 1967, s'éteignait à l'âge de 70 ans. Le destin est si farceur parfois, qu'on en ferait des cauchemars...


Foutebol - © Andrey Kiselev - Fotolia.com
Foutebol - © Andrey Kiselev - Fotolia.com
Je vais te demander un petit effort d'imagination pour te mettre dans la peau de ce gars, qui subit ici un véritable cauchemar.

Tu es dans l'émission "Qui veut gagner des millions ?". T'as super bien gazé jusque-là. T'as eu un peu de bol aussi - sur une question botanique notamment houlala t'as eu chaud - Il est 22h30, tu es tout près d'empocher le méga gros lot. Foucaud annonce : « Pour gravir le dernier échelon vous devrez répondre à une question football ». Oh putain ! C'est ton point fort. T'es incollable sur le sujet. Il peut demander n'importe quoi, tu l'attends. T'es un puits de culture. La preuve, tu lis Foutebol tous les jours. Le million il est pour toi ! La question tombe : Quel est le seul joueur hongrois à avoir obtenu le Ballon d'or ? Yes ! Yes de chez YES !! En ton for intérieur tu t'affûtes. Ça turbine là-dedans ! Puskas... ou Kocsis peut-être... De toute façon c'est l'un des deux. Y'a pas de doute. Les quatre propositions apparaissent :
1 – Ferenc Puskas
2 – Sandor Kocsis
3 – Florian Albert
4 – Peter Palotas.

Tu te tâtes : Puskas, trop facile ? Kocsis, sûrement ! Il était bon Kocsis... Albert, non il est français... Y'a un piège, tu le sens... Palotas ? Peter Palotas... hmmm. C'est bien un nom de star ça... C'est peut être lui... faut faire gaffe, ne pas se jeter. Il te reste un joker, le 50/50. C'est le moment d'assurer... « Je vais prendre le 50/50 Jean-Pierre, s'il vous plait monsieur ». Et Paf, ça te souris ! La machine te laisse deux choix : Puskas – Albert... C'est gagné ! T'as du mal à réprimer un sourire en coin : Puskas, c'est Puskas !!! C'est ton dernier mot Jean-Pierre. Ouais c'est ton dernier mot, envoi le pognon, à toi les Caraïbes et la Lamborghini ! (Au fait j'ai pas précisé. Dans ton cauchemar, les règles de Qui veut gagner des Millions ? sont un peu plus fun : soit tu gagnes le pactole, soit tu paumes tout, c'est plus marrant, ok ?). Y'a plus de suspense. Tu commences à te lever, à faire le malin devant le public. Tu fais signe à l'animateur de se magner un peu... Ah lala quel dommage André (Oui c'est un cauchemar vraiment horrible, tu t'appelles André). Et non. C'est Albert. C'est Florian Albert, Il a obtenu le trophée en 1967 !

Quoi ?!

Y'a une erreur c'est pas possible !

Florian Albert ?

Mais il est même pas Hongrois bordel !!

Y'a de la triche c'est une honte !

Scandale !

Tu te jettes sur Foucaud pour lui décrocher un pain dans la lèvre. Il saigne. Tu te mets torse nu et te rues sur une caméra de TF1. Y'a des cris. Trois mastards foncent sur toi, tu te débats... Tout devient noir.

C'est fini.




Mais que sait-on au juste de ce Flórián Albert ?

Ballon dort, pour l'éternité
Après Stanley Mattews, l'anglais, premier sacré en 1956, Omar Sivori italien couronné en 1961, Lev Yachine, russe, nommé en 1963 et George Best, anglais, gratifié en 1968, Albert est le 4e – sur les 42 Ballons d'or – à disparaître Cela, alors que l'académie venait d'annoncer la liste des 23 nominés*, qui vont concourir cette année ! Destin farceur. Mais que sait-on au juste de ce Flórián Albert ? (Merci Wiki)

  • D'abord qu'il n'a pas fait partie de la merveilleuse équipe magyar des années 50, celle qui devait remporter la Coupe du Monde, mais qui a subi le froid réalisme teuton, à Berne en 1954. Non, lui, Flórián, il était ailleurs, on ne sait pas où...

  • Qu'il a gagné la Coupe des villes de foire avec Ferencvaros en 1965. Ça fait joli sur un CV ça : la Coupe des villes de foire. Et pourquoi pas, la Coupe de la fête à neuneu, du manège enchanté et de la queue du Mickey ?

  • Qu'il était de l'équipe hongroise qui élimina le Brésil (3-1) au premier tour de la Coupe du Monde anglaise en 1966. Bon OK.

  • Que la même année, il est devenu papa d'un petit Flórián. Ouais, c'était ce genre de mec à donner son propre prénom à son fils. No comment...

  • Que vu qu'il aimait bien emmerder le Brésil, c'est lui qui a marqué, en 1968, l'unique but d'une sélection Fifa en match amical face aux Auriverde au Maracana... Combien de suicides aura-t-il provoqué pas ce geste inutile, voire sadique ?

  • Qu'il a joué jusqu'en 1974, fidèle au seul club de Ferencvaros. Ça fait rêver ! Chapeau l'artiste !

Puskas c'était quand même autre chose non ? Et c'est à cause d'un mec comme ça que tu peux t'assoir sur un million d'euros ! Vivement le réveil !


* : Éric Abidal (France), Sergio Agüero (Argentine), Karim Benzema (France), Iker Casillas (Espagne), Cristiano Ronaldo (Portugal), Dani Alves (Brésil), Samuel Eto’o (Cameroun), Cesc Fabregas (Espagne), Diego Forlan (Uruguay), Andrés Iniesta (Espagne), Lionel Messi (Argentine), Thomas Müller (Allemagne), Nani (Portugal), Neymar (Brésil), Mesut Özil (Allemagne), Gerard Piqué (Espagne), Wayne Rooney (Angleterre), Bastian Schweinsteiger (Allemagne), Wesley Sneijder (Pays-Bas), Luis Suarez (Uruguay), David Villa (Espagne), Xabi Alonso (Espagne) et Xavi (Espagne).