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Aux États-Unis, « espoir collectif » se prononce Hope Solo


On ne peut pas dire que la gardienne de but de l’équipe américaine soit un personnage lisse et rectiligne. Hope Solo aura 31 ans pendant les Jeux olympiques de Londres, compétition à laquelle elle participe pour la troisième fois consécutive. Son esprit semble plus individualiste que collectif. Et pourtant…


Solo n’aurait jamais dû être gardienne de but. Et elle n’aurait jamais dû participer aux JO 2012. Mais cette sportive de haut niveau est avant tout une battante et même une guerrière habituée à vaincre l’adversité.

Battante et même guerrière
Guerrier en pleine adversité, son père l’était à double titre : cet ancien vétéran de la guerre du Vietnam a longtemps vécu une vie d’homme des bois à son retour au pays ; mais contrairement à Walden*, le père de Solo n’a peut-être pas lui-même choisi de vivre dans les bois.

L’adversité a failli interrompre prématurément la carrière de Hope Solo en 2010. Son tendon s’était tellement désolidarisé de l’épaule droite qu’il a presque fallu lui reconstruire une nouvelle épaule à l’issue d’une lourde intervention chirurgicale. Et au lieu de s’écrouler sur le terrain, Hope fait le désespoir des attaquantes adverses.

Solo aurait dû être attaquante. C’est d’ailleurs à ce poste qu’elle a remporté le championnat de l’État de Washington trois années de suite jusqu’en 1998. Devenue gardienne de but en 1999, elle a longtemps vécu dans l’ombre de Briana Scurry, dont elle fut la doublure jusqu’en 2004. Et pour Hope Solo, une médaille d’or olympique (en 2004) obtenu avec un statut de remplaçante a autant de valeur qu’une médaille en chocolat.

Teigneuse et même soupe au lait
Solo n’aime pas l’ombre et lui préfère la lumière. Cette ancienne participante de l’émission Danse avec les stars a fait valser les projecteurs, en 2007, lorsque l’entraîneur de l’équipe nationale lui préféra Briana Scurry pendant un match de Coupe du monde où les États-Unis furent étrillés. Elle envoya balader le coach, mais il est vrai qu’elle venait alors d’enterrer son propre père.

Forte (en gueule) de son titre de meilleure gardienne de la saison 2009, Hope Solo est aussi, paraît-il, la seule joueuse américaine à avoir subi une condamnation à des travaux d’utilité collective pour avoir critiqué des arbitres et la ligue de foot.

Prendre sa retraite après les Jeux olympiques de 2012 ? C’est mal connaître Hope Solo. Son rêve serait plutôt de continuer à exercer son art footballistique… dans une équipe masculine professionnelle. Chiche ?

*Double fictionnel de l’écrivain Henry David Thoreau, dont tous les Américains apprennent des pages entières à l’école.

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