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Abramovitch Roman | Pas Nini

45 ans / russe / président du FC Chelsea / homme d’affaires


Abramovitch Roman | Pas Nini
Tel que tu ne me vois pas, je suis sacrément soulagé, ami internaute.

Oui, soulagé pour mon camarade Roman qui a enfin gagné samedi cette Champion’s Ligue qu’il voulait de tout son petit cœur de milliardaire. Je dis mon camarade parce que je dois avouer que j’ai une relation privilégiée avec Momo (c’est comme ça que je le surnomme en privé). En fait, nous sommes copains comme cochons. Oui, je sais, ce n’est pas très déontologique de ma part de m’accoquiner avec des personnes de pouvoir et les chevaliers blancs dans ton genre vont encore me taxer de ne pas respecter l’éthique du journalisme. Ce à quoi je répondrai que je ne suis pas journaliste et qu’on a quand même le droit d’avoir des amis richissimes et de jouir de leur générosité. J’en discutai l’autre jour avec l’irréprochable Jean-François Copé qui barbota joyeusement dans la piscine de Takkiedine (l’homme d’affaire franco-libanais inculpé dans le volet financier de l'affaire Karachi) et il n’y voyait pas à redire.

Alors, oui, je sais, tu vas me rétorquer (parce que tu es intransigeant et informé) que le russe a construit sa fortune (en 2011, il figurait dans la liste du magazine Forbes comme la 9ème fortune de Russie et la 53ème mondiale, valeur estimée à 13,4 milliards de dollars) sur les ruines du communisme dans des conditions équivoques (mafieuses osent certains). Alors que c’est simplement un self made man qui a débuté comme petit mécanicien, qui est devenu par la suite trader et qui a su habilement profiter de l’éclatement du bloc soviétique, pour se constituer un empire financier colossal, grâce à l’industrie pétrolière et le concours de certaines bonnes relations comme l’ancien président russe Vladimir Poutine. C’est la jalousie qui te fait parler, ami internaute. Tout ça parce que tu envies son patrimoine : villas et châteaux à Londres, St-Barth, Aspen, cap d'Antibes, Saint-Tropez… Ses avions (un Falcon 7X, un Boeing 767), ses trois hélicoptères Eurocopter…

Et bien, je peux te dire qu’un week-end chez Momo, tu te marres.
Derrière sa tête de chien battu (on dirait un peu un teckel sous Prozac) se cache un garçon rigolo et pas regardant à la dépense. Tu vas rire mais un jour lors d’une partie de Poker (son péché mignon), il a perdu un yacht d’une valeur de 500 000 $ (véridique !). Oh la la ! La poilade !

Alors, j’entends déjà tes critiques injustes sur la qualité du jeu déployé par l’équipe de Chelsea et la tactique ultra défensive de Di Mattéo. Tout ça parce que les Blues ont été outrageusement dominés par le FC Barcelone et secoué par le Bayern Munich. Mais je le connais mon Momo, peu lui chaut, ce n’est pas un esthète. Il ne s’embarrasse pas inutilement de questions philosophiques ou morales. Lui-même dans le cadre de ses affaires, il lui a bien fallu parfois forcer un peu son destin. Qui veut la fin…

En fait, il faut savoir que longtemps, Momo fut branché Yachts dont il faisait collection (des vrais pas des modèles réduits) : l’Eclipse (164 mètres, le plus long yacht au monde, 350 M$) et puis Luna (115m), Pelorus (114,5m), Ecstasea (85,95m), Sussurro (50m)… Et puis, un jour qu’il regardait un match à la télé, il a vu cette belle coupe avec ses grandes oreilles décollées et va savoir pourquoi, il en a eu très envie. Il a demandé dans quel magasin il pouvait se l’acheter mais on lui a expliqué que c’était un peu plus compliqué parce qu’en fait, il fallait la gagner dans le cadre d’une compétition sportive.

Qu’à cela ne tienne a répondu Momo, qui est assez pugnace, je vais me payer un club de Football et je l’aurai. Et il a fait l’acquisition du FC Chelsea (60 millions de livres + 120 millions pour éponger les dettes) et il a acheté tout plein de joueurs de football de qualité supérieure. Il les a payés très cher parce que des clubs malhonnêtes ont abusé de sa fortune pour surévaluer leur marchandise. Que veux-tu, il y a toujours des salauds pour profiter des riches. Alors, le pauvre (au sens figuré) Momo, il a été obligé de casser sa tirelire et à force de persévérance (9 années) et de fric dilapidé (un milliard et demi), le 19 mai 2012, il s’est enfin offert sa Champion’s Ligue à lui. Voila ! C’est émouvant cette histoire, n’est-ce pas !

C’est la récompense de l’argent. C’est vrai ça, on ne récompense jamais l’argent. Toujours, on met en avant des valeurs un peu surannées comme le courage, l’honnêteté, le travail et jamais le pognon. C’est bien dommage !

Abramovitch Roman - Foutebol Commons
Abramovitch Roman - Foutebol Commons

Posté par le Mardi 22 Mai 2012
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