Foutebol
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Le foot qui s'amuse à réfléchir


Abidal Eric


31 ans / 1m86 / 75kg - Défenseur au FC Barcelone - International français



Je n'avais aucunement l'intention de faire le portrait d'Eric Abidal. Non pas qu'il s'agisse d'un mauvais joueur. Au contraire ! Doté de grands pinceaux, il est rapide, solide et pas maladroit pour un défenseur. Il est un des piliers de l'équipe de France et son palmarès en club fait bien des jaloux. En fait, je n'avais pas envie de parler de lui parce que je le trouvais trop lisse : pas d'esclandre, pas de déclarations intempestives, pas d'adultère avéré avec une nouvelle star, pas d'agression caractérisée sur un adversaire ou une petite vieille. Affligeant de banalité pour ne pas dire d'ennui.

Et puis, le 15 mars 2011, cadeau du ciel !
On apprenait, merci mon dieu, par le FC Barcelone, qu'Éric Abidal souffrait d'une tumeur au foie et devait subir une opération chirurgicale. Même ignorant de la chose médicale, il faut reconnaitre que le nom de cette maladie ne prête guère à l'optimisme : « tu meurs » au foie. C'est aussi explicite que définitif. Lorsque votre docteur vous annonce avec une tête d'enterrement, une tumeur, ça sent le sapin.

Tout affecté, je me suis dit, comme ça, que notre pauvre Riri avait déjà un pied dans la tombe, qu'on l'attendait à mourir. La famille football était quasiment en deuil. Une tragédie !

J'apprenais quelques jours plus tard que le moribond était opéré par le docteur Josep Fuster Obregon (que je ne connais pas personnellement), au centre hospitalier de Barcelone et je brulais un cierge.

Et puis stupéfaction, le 3 mai 2011, à la 90e minute, lors de la demi-finale retour de Ligue des champions face au Real Madrid, qui j'ai vu entrer sur la pelouse, frais comme un gardon ?

Feu Abidal ! Miracle ! Résurrection !
Et ce n'est pas tout. Le 28 mai, le revenant disputait l'intégralité de la finale contre Manchester United à Wembley. Quand j'ai vu le mort-vivant soulever la coupe aux grandes oreilles à coté de ses coéquipiers (après que Puyol lui ait donné le brassard), j'ai pensé « Jésus is back ». Au milieu des apôtres en short, tel le christ, il exhibait le calice aux pèlerins de la planète football. Abidal devenait un dieu vivant, une légende.

Et sur la terre, tous les titulaires de tumeur, de cancer, tous les paralytiques se mirent à croire qu'eux aussi, un jour, ils pourraient gagner la Champion's League.

N'empêche, comme j'ai l'esprit tordu et le diable dans le corps, on ne m'empêchera de penser que c'est quand même un peu louche ce scénario paradisiaque.

De deux choses l'une, soit le Docteur Obregon est un génie du bistouri, soit le diagnostic était un peu alarmiste.

Simple hypothèse, le médecin de la famille Abidal (que je ne connais pas non plus) s'est planté. Il a cru à une tumeur au foie et puis il s'est aperçu, tout penaud, qu'en fait, c'était une simple appendicite.

Seulement, le plan de com étant déjà lancé, on n'a rien dit.

Ni vu ni connu, je t'embrouille.


NDLR : l'ami Titus est en pleine préparation de son nouveau spectacle : "Joyeux Anniversaire". Ce "Pas Nini" est donc un Best Of. Il a été publié en juin dernier mais en mode Intranet des membres uniquement.



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