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Rio Mavuba, relais de Didier Deschamps vers le Brésil

Après sa performance face à la Finlande, la France du foot n’avait d’yeux que pour Abou Diaby. Mais devant sa fragilité, Didier Deschamps sait qu’il doit construire son milieu autour d’un autre joueur : Rio Mavuba.


Rio Mavuba, relais de Didier Deschamps vers le Brésil

Aimé Jacquet avait Didier Deschamps. Didier Deschamps a Rio Mavuba. En 1998, Mémé avec fait de la Desche son relais sur le terrain. Le capitaine passait ses matchs à encourager ses partenaires, les replacer, couvrir les brèches, ratisser les ballons et mettre une bonne vieille chiche dans les tribunes quand il fallait revenir en catastrophe dans sa surface. Sur les deux premiers matchs de qualif pour la Coupe du Monde 2014, Rio Mavuba a fait la même chose. Le véritable garant de l’équilibre de l’Equipe de France, c’est lui et personne d’autre. Un capitaine – sans le brassard – pour les Bleus.

« Deschamps se reconnaît peut-être en Rio. Et il n’a pas tort », affirme, par ailleurs, Peter Luccin, dans une interview à So Foot (une interview que je vous recommande par ailleurs. Sur le plan du jeu, les deux sont effectivement les mêmes. Pourtant ils ont mené deux carrières diamétralement opposées. Là où Deschamps n’a connu que le succès, on aurait presque le sentiment que Mavuba est passé à côté de sa carrière. A cause d’une exposition et une médiatisation trop forte, trop jeune. A cause d’un trop grand talent.


Apatride… jusqu’à sa première sélection

Né en mer, sur un « radeau de la mort », d’une mère angolaise et d’un père zaïrois, il est apatride jusqu’à l’âge de 20 ans.
Soit jusqu’en 2004, année de sa première saison chez les Girondins de Bordeaux, son club formateur, et… de sa première sélection chez les Bleus. A la suite de l’Euro 2004, le néo sélectionneur, Raymond Domenech, veut rajeunir l’équipe, dehors les Thuram, Desailly, Lizarazu et Zidane, bonjour les gamins, Rio Mavuba et tous les monégasques, récents finalistes en Ligue des Champions. A peine une saison dans les pattes, 20 matchs en 2003/2004, et un titre de meilleur joueur du tournoi de Toulon, il est appelé pour être la sentinelle du milieu de terrain des Bleus face à la Bosnie. Titulaire, quelques mois plus tard, lors de l’un des pires matchs de l’ère Domenech, - déjà face à l’Irlande – qui se termine par un 0-0 des plus ennuyeux, il est guillotiné par la presse française. Il ne reviendra pas en sélection avant 2006 et un nouveau match face à la Bosnie. Il dispute deux autres rencontres face à la Géorgie et l’Autriche avant de disparaître des feuilles de matchs de l’Equipe de France. Jusqu’à l’arrivée de Didier Deschamps et le renouveau face à l’Uruguay, la Finlande et la Biélorussie.

Rio Mavuba, relais de Didier Deschamps vers le Brésil

La régularité sans le palmarès

En club, c’est tout l’inverse. Le mec est un exemple de régularité.
Il franchira cette saison la barre des 300 matchs en Ligue 1 et des 400 matchs toutes compétitions confondues. Le tout en seulement 8 ans de carrière. Autant dire que le type n’est jamais blessé et enquille les saisons à plus de 40 matchs. Mais, pour cela, il faut aussi une certaine qualité dans les prestations. En 4 saisons à Bordeaux, il s’offre 127 matchs de Ligue 1 tout en sens du placement et vision du jeu. A l’époque, il n’est pas encore le Mavuba, posé et clairvoyant d’aujourd’hui, mais il en a déjà les qualités, tout juste atténuées par sa jeunesse et son inexpérience. Il est la pierre angulaire d’un milieu de terrain bordelais en constante évolution. Il voit passer Eduardo Costa, Cyril Rool, Albert Celades, Denilson ou encore Juan-Pablo Francia avant que Fernando ne vienne s’installer à ses côtés. La complémentarité avec sa défense est plus facile à établir, puisque Marc Planus perce en équipe première en même temps que lui. Dans un championnat dominé par l’OL, les Girondins sont, en revanche, beaucoup moins réguliers que leur numéro 6. Deuxièmes derrière les Gones en 2006, ils terminent 12ème et 15ème les saisons précédentes avant de redescendre à la 6ème place l’année suivante. Une saison 2006/2007 au terme de laquelle, Rio décide de tenter l’aventure à l’étranger. Direction l’Espagne et Villarreal qui tente de s’imposer comme force montante de la Liga, un an après sa demi-finale de Ligue des Champions. Barré par Marcos Senna et Cani, il ne dispute qu’une poignée de matchs et revient dès le mois de janvier en France.

Aimé Jacquet – Didier Deschamps – Rio Mavuba

Il rejoint un autre club en pleine ascension : le LOSC.
7ème en 2008, 5ème en 2009, 4ème en 2010 avant le fameux titre en 2011 et une place sur le podium l’an dernier. Depuis 5 saisons, il truste avec les lillois le haut de tableau de la Ligue 1. Insuffisant pour Raymond Domenech et Laurent Blanc qui ne le convoquent pas en Bleu. Pourtant il fait encore mieux qu’à Bordeaux. 164 matchs disputés en 4 saisons et demi et toujours pas un carton rouge reçu en championnat. Amateurs et acteurs de L1 sont unanimes, le milieu de terrain de Lille est l’un des meilleurs de France. Archi solide grâce à la hargne de Balmont, et créatif grâce à la patte de Yohan Cabaye puis celle de Benoît Pedretti. Le tout dirigé par un Rio Mavuba retrouvé après son échec espagnol. Et un Rio Mavuba qui n’est pas non plus maladroit à la relance et toujours capable de trouver une bonne passe courte à faire après avoir jailli pour couper une action adverse. Un milieu avec trois joueurs plus défensifs qu’offensifs qui, finalement, donne peut-être le plus de sens au retour de l’ex apatride en Bleu. Didier Deschamps a employé la même formule contre la Biélorussie et dans une moindre mesure face à la Finlande. Avec Mavuba – Cabaye – Diaby puis Mavuba – Cabaye – Capoue, il aligne, non seulement les deux ex-compères lillois, mais un troisième joueur absolument pas avare en efforts lorsqu’il faut défendre. Comme dans le Nord, et comme en 1998. L’actuel sélectionneur étant alors la pointe défensive d’un milieu Deschamps – Petit – Karembeu.

Rio Mavuba, relais de Didier Deschamps vers le Brésil

Similitudes physiques, même vision du jeu, même sens des responsabilités et système tactique adapté à ses qualités.

En réalité, il n’y aucun doute. Didier Deschamps se voit en Mavuba et veut en faire son relais sur le terrain.

Jusqu’à Rio.

Posté par le Samedi 15 Septembre 2012
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