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Puyol Carles | Pas Nini

1978 / 1m79 / défenseur au FC Barcelone / international Espagnol


Puyol Carles | Pas Nini

Le championnat d’Europe des nations arrive à pas de géant et la liste des blessés contraints de déclarer forfait s’épaissit tristement.

Après les français Sagna, Diaby et Abidal, l’espagnol Carles Puyol renonce à son tour pour cause de blessure au genou. Tu m’en vois fort marri.
Et oui, le solide défenseur de la Roja ne trimbalera pas ses longues boucles sur les terrains d’Europe de l’est.
A propos de chevelure, j’ouvre une parenthèse. Je sais qu’il est assez moche de se moquer du physique des gens mais enfin, est-il logique et défendable d’arborer cet amas d’algues marines en guise de système capillaire ? Remarque, ami internaute, qu’avec cette coiffure cocasse, Carles n’est pas sans nous rappeler – ce « nous » concerne les personnes âgées – l’excellent Piazza qui régnait au centre de la défense de la grande équipe Stéphanoise de l’épopée 1976.

Tel Samson (héros israélite d'une force herculéenne tirant sa force de sa longue chevelure, il fut trahit par Dalila qui rasa ses sept tresses), Carles, crinière au vent, fait vibrer le public par la force de sa hargne et de sa puissance physique.
Car si le FC Barcelone se caractérise par la virtuosité de son jeu (c’est l’équipe la moins physique du gotha mondial du football) Puyol est son vilain petit canard. Il faut reconnaître que ses camarades, qui rivalisent de prouesses techniques, ne le mettent pas en valeur. La fée football ne lui ayant pas donné les plus beaux atouts, le solide catalan a dû développer d’autres qualités comme la rage de vaincre. D’ailleurs, ce guerrier ne se prend pas pour Messi. Ne compte pas sur lui pour t’offrir coup du foulard magique, petits ponts bucoliques et contrôles célestes. Non ! Carles, c’est de la générosité, de la générosité et les jours où il est un peu moins bien… de la générosité. Là où certains enfilent des ballerines à crampons et nous gratifient de rondes arabesques, le testostéroné Catalan empoigne son maillot bleu de chauffe et ses croquenots et va au charbon. Ce besogneux a la niaque, la Grinta*. Il se donne à fond et accessoirement il donne aussi. Car il faut reconnaître que ce garçon n’est pas Baudelaire, loin s’en faut. Un tantinet agressif, il va au mastic et les attaquants qui croisent sa détermination et sa masse athlétique ont les chevilles douloureuses les lendemains de match. Puyol a parfois un côté brute de pomme qui vous laisse les mollets en compote (je te régale encore !). Néanmoins, pas de dijonctage, de coup tordu ni de tricherie pathétique façon Pepe. Non, du franc, du direct, du massif !
Mine de rien, son mental et sa combativité ont fait de lui le capitaine du meilleur club de la décennie et le vainqueur de la dernière coupe du monde de football. Comme un pied de nez carré au technique football ibérique.


*La Grinta : Je suppose que tu ignores la légende de la Grinta, ami internaute. C’est ainsi que ce nommait cette mère de famille de Bolivie sud-aquatique qui était dotée d’une volonté farouche. Il faut dire qu’elle connaissait l’adversité. Son mari buvait et dilapidait l’argent du ménage en pariant dans des courses de Lamas nains. Un jour qu’elle venait puiser l’eau à la rivière pour déshydrater ses sept adorables chérubins, elle fut attaquée par quatre caïmans féroces et affamés qui lui dévorèrent les quatre membres. Malgré la douleur et la perte de sa montre, portée par un courage hors norme, cette pauvre créature, devenue femme-tronc, continua à nourrir sa progéniture. Elle se déplaçait de lianes en lianes qu’elle saisissait par les dents. Malheureusement, un jour son bridge lâcha et la pauvre Grinta s’écrasa violement contre un Séquoia. Alors, ses pauvres enfants moururent de faim. Voilà ! C’est presque aussi triste que l’absence de Puyol.



Puyol Carles | Pas Nini

Posté par le Mercredi 16 Mai 2012
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