Foutebol
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Petr Cech, la muraille des Blues

Samedi dernier, Chelsea a remporté la Champion’s League. Un succès acquis aux tirs aux buts face au Bayern Munich. Une performance qui doit beaucoup aux exploits de Petr Cech, le gardien des Blues.


Parce que je vous ai déjà proposé le portrait de Didier Drogba et qu’il a sorti le penalty provoqué par l’Ivoirien, Petr Cech est le bonhomme de cette dernière finale de Champion’s League. Si Chelsea a enfin soulevé la Coupe aux Grandes Oreilles il le doit avant tout à son gardien. Ok, le mec joue avec Terry, Cahill, David Luiz et Ashley Cole devant lui. D’accord il y a Drogba, Kalou et Mata pour planter les buts. Mais n’en déplaise à CJP et Bixente Lizarazu, les deux ultras du Bayern, le gardien tchèque est un monstre.


L’homme qui plonge toujours du bon côté

L’histoire retiendra qu’Arjen Robben a raté un penalty en finale de Ligue des Champions. Elle ferait mieux de se rappeler que ce péno c’est avant tout Petr Cech qui l’a parfaitement arrêté. Hormis ce fait de jeu, le gardien de Chelsea a constamment rassuré sa charnière centrale par sa présence. S’il est battu sur la tête piquée de Thomas Muller et son poteau l’a suppléé sur une frappe de Robben, il a multiplié les prises de balles dans ce qui a été une attaque-défense du Bayern. Plus encore qu’en finale c’est en demies face au Barça que le portier tchèque a impressionné. Vainqueurs 1-0 à l’aller grâce aux prouesses de leur gardien, les Blues connaissent un match épique au retour au Camp Nou. Ils s’en sortent avec un match nul 2-2 bien que menés 2-0 et évoluant à 10 contre 11 après l’expulsion de leur capitaine John Terry. En demies c’est aussi une histoire de penalty qui tourne en faveur des Blues. Si Petr Cech n’arrête pas la tentative de Messi, sa taille et sa présence pousse le lutin argentin à forcer sa frappe qui s’écrase sur la barre transversale. Il expliquera d’ailleurs au journaliste de la BBC après la finale, étudier tous les tireurs de penalty des équipes qu’il affronte. Et fera remarquer – limite frustré de n’en n’avoir sorti que deux – que sur tous les tirs au but en finale il est parti du bon côté.

Coup de casque et tentacules

Ce trophée, s’il sonne comme un aboutissement pour tout le club du Sud-ouest de Londres, l’est aussi et avant tout pour son gardien. Présent depuis 2004 il est l’un des plus fidèles et plus réguliers joueurs de Chelsea. Sa carrière anglaise démarre sur les chapeaux de roues. Parti pour être remplaçant de Carlo Cudicini, il lui pique sa place dès le mois d’août 2004. Résultat : une série de 1024 minutes, plus de 11 matchs, sans encaisser de buts. Il est de toutes les campagnes victorieuses des Blues, champion en 2005, 2006 et 2010, vainqueur de la Cup en 2007, 2009, 2010 et 2012 et de la League Cup en 2005 et 2007. Pourtant sa carrière aurait pu s’arrêter prématurément. Dans un match contre Reading, le 14 octobre 2006, Stephen Hunt, d’un coup de genou contre sa tête lui provoque un traumatisme crânien qui fait craindre le pire. Ironie du sort, Carlo Cudicini entré pour le remplacer se blesse à son tour et c’est John Terry qui termine le match dans les cages. Miraculé, Petr Cech reprend la compétition contre Liverpool le 20 janvier 2007 muni de son désormais fameux casque. Un casque qui vise à protéger le gardien de tout éventuel contact. Cet événement en aurait refroidi plus d’un. Pas lui qui revient et récupère sa place de titulaire. On sent les premiers temps une certaine appréhension dans le jeu du gardien qui ne retrouve pas son meilleur niveau. Moins tranchant dans ses sorties, moins vif sur ses réflexes, il connaît une période de doute. Période qui coïncide avec le coup de moins bien des Blues. Cette saison – particulièrement dans les matchs couperet de Coupe d’Europe – on a la sensation d’avoir enfin retrouvé le meilleur Petr Cech. Cette espèce de pieuvre avec des tentacules à la place des bras et des jambes qui parvient à donner l’impression d’avoir arrêté une frappe avant même que l’attaquant ne la déclenche. Même Léo Messi en perd son Foutebol, l’homme auteur de 63 buts en championnat et Ligue des Champions cette année n’a jamais mis un but au Tchèque.


République Cech

Avant de devenir un gardien unanimement reconnu comme l’un des meilleurs au monde, Petr Cech débute au Chmel Blsany puis passe une saison au Sparta Prague. Il débarque en 2002 dans notre bonne vieille Ligue 1. Le temps de deux saisons au Stade Rennais il éclabousse tout le championnat de son talent. Il écœure les Sonny Anderson, Shabani Nonda et autres Pedro Pauleta ou Djibril Cissé qui plantaient pourtant but sur but à l’époque. Il permet à Rennes de se maintenir pour sa première saison en 2002-2003. La seconde année, grâce aussi aux 20 buts d’Alexander Frei, il hisse le club breton à la 9ème place de Ligue 1. Au mois de février il signe son bail avec Chelsea qu’il rejoindra à la fin de la saison contre près de 15 millions d’euros. C’était juste avant de partir pour l’Euro 2004 qui verra la République Tchèque briller. Avec son quintet offensif Nedved-Rosicky-Poborsky-Koller-Baros, elle réalise un tournoi magnifique et ne s’incline qu’en demi-finale face au futur vainqueur grec. Milan Baros, termine meilleur buteur du tournoi avec 5 buts en 6 matchs. Il inscrit aussi le plus beau but de la compétition face aux Pays-Bas en poules. Nedved déborde côté gauche, envoie un centre parfait à Jan Koller qui remise de la poitrine en retrait pour Baros. Le buteur de 22 ans expédie une demi volée en lucarne. Cet été la République Tchèque tentera de réaliser à nouveau un bon Euro – sans Koller et avec un Baros vieillissant – et comptera encore plus sur son gardien et sa forme européenne.

Sa perf contre le Barça



Posté par le Samedi 26 Mai 2012
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