Foutebol
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OM : Eau Aime

Je me souviens d’un vieux sur la Canebière qui m’avait dit ces mots simples : « Hey petit, tu sais pourquoi on aime l’OM ? Parce que dedans OM, il y a EAU et AIME. »


OM : Eau Aime
Hormis le fait que je ne sois pas petit et que, vu son grand âge, j’aurais aisément pu lui rétorquer : « Et toi… T’es pas… vieux peut-être ?... », je préférai me concentrer sur cette phrase qui m’avait touchée.
Pourquoi ce club déclenche t’il autant de passion raisonnable ou déraisonnable ?

La faconde provençale n’y est certainement pas étrangère.
Pagnol a scellé notre enfance pour l’envelopper d’un parfum de garrigue au gré de l’innocence, mais ce que je retiens par dessus tout, c’est cette propension marseillaise à manier la « chambre ».
Et « chambrer » au foot, j’ai presque envie de dire que c’est obligatoire.
Si l’on aime le foot, on aime chambrer, l’un ne va pas sans l’autre, c’est dans les gènes de tout individu normal, quel que soit son niveau, qui a, un jour, eu l’occasion de fouler une pelouse.
Et à ce jeu là, il faut bien reconnaître que le Marseillais est brillant.

J’ai encore en mémoire cette vanne de mon ami Laurent Junca, pur olympien, qui me disait la saison passée à propos de Brandao :
« Lui, c’est le seul joueur qui tacle avec la tête ! »

Ou encore cette anecdote du chanteur Renaud qui s’était, pour un soir, plongé parmi les Ultras.
Avant le match, les chefs des Ultras avaient bien pris soin de mettre en garde leur groupe de supporters quant à leur tenue et de mettre l’accent sur le respect de l’arbitre et de l’adversaire.
2 minutes de jeu, l’arbitre siffle un coup franc contre l’OM, la tribune se lève :
« ENCULÉÉÉÉÉÉ !!!!! » « ENCULÉÉÉÉÉÉ !!!!! »
Calmement, Renaud se retourne vers son voisin et lui fait remarquer qu’ils ne tiennent pas beaucoup compte des consignes d’avant match sur le soi disant respect envers le corps arbitral.
Tout aussi calmement, son voisin lui répond :
« Ah non, là c’est pas pareil… Enculé, c’est son nom. »

Tout est dit.


Que nous réservera l’OM 2011-2012, difficile à dire.

On aura l’occasion d’en reparler.
Un OM qui affichera son « BLACK WALL» : Fanni, M’Bia, Diawara, Nkoulou + Diarra en sentinelle.
On sera sans doute loin de la folie « droit au but » marquée par les générations Skoblar Keita Magnusson puis Pelé Papin Waddle mais c’est aussi sans doute l’époque qui veut cela.
Un peu moins de folie, un peu moins d’audace…
Un peu plus de rigueur, un peu plus de bloc équipe comme ils disent chez ceux qui s’y connaissent.
Moi, la langue du bloc équipe, c’est une langue que je ne connais pas peuchère, car même si tu as gagné, hé bien tu rentres chez toi triste comme une lanterne.

N’est ce pas César ?...

CÉSAR : Oui, peut-être. Mais moi, il y a une idée qui me tracasse : e Bon Dieu d'Elzéar, - le nôtre, enfin - si ça N'ÉTAIT PAS LE VRAI ?

ESCARTEFIGUE (épouvanté) : Oh, couquin de Diou !

HONORINE (scandalisée) : Mais qu'est-ce-que vous dites ?

CÉSAR : Je veux dire que je connais des musulmans, des hindous, des chinois, des nègres. Leur Bon Dieu, ce n'est pas le même, et ils ne font pas comme nous !…Nous, nous avons des péchés que chez eux c'est une bonne action, et vice versa… Peut-être qu'ils ont tort, remarquez bien… Seulement ils sont des millions de milliasses… S'ils avaient raison, Monsieur Brun ?

M. BRUN : Il est certain que la question peut se poser.

CÉSAR : Le pauvre Honoré est tout préparé, bien au goût du Bon Dieu d'Elzéar. Et si, en arrivant au coin d'un nuage, il se trouve en face d'un Bon Dieu à qui on ne l'a jamais présenté ? Un Bon Dieu noir, ou jaune, ou rouge ? Ou un de ces Bons Dieux habillés en guignol, comme on en voit chez l'antiquaire, ou celui qui a le gros ventre ? Ou bien celui qui a autant de bras qu'une esquinade ? Le pauvre Panisse, qu'est-ce-qu'il va lui dire ? En quelle langue ? Avec quels gestes ? (À Escartefigue) Tu te vois, toi, déjà fatigué par ta mort, et tout vertigineux de ton voyage, en train de t'expliquer avec un Dieu qui ne te comprend pas ? Et tu as beau lui faire des prières, il te dit : "Quoi ? Comment ? Qu'est-ce que vous dites ?" Et il te le dit en chinois ?

ESCARTEFIGUE : Situation terrible. Là, tu me donnes le grand frisson. (Il boit.)

HONORINE (en colère) : Taisez-vous, grand mécréant. Et la Sainte Bible, alors, c'est des mensonges ? Et les Évangiles ? Vous n'avez pas honte de dire des choses pareilles devant l'enfant de chœur ?

CLAUDINE (sarcastique) : Si vous alliez un peu plus souvent à l'église, au lieu de boire tant de pastis, vous sauriez qu'il n'y a qu'un Bon Dieu ! Et ce Dieu, c'est le nôtre.

CÉSAR : Oui, évidemment, le bon, c'est le nôtre. Mais alors, sur la terre, il y a beaucoup de gens qui sont couillonnés. Ça me fait de la peine pour eux. N'est-ce pas, Monsieur Brun ?"

Posté par le Samedi 23 Juillet 2011
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