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Les dérapages contrôlés de John Terry

Fabio Capello vient de démissionner de son poste de sélectionneur de l’Angleterre après un désaccord avec la Football Association (FA) au sujet de John Terry.


Ce dernier est accusé de racisme par le joueur des Queens Park Rangers, Anton Ferdinand. Il doit être jugé après l’Euro. Déjà impliqué dans d’autres scandales par le passé, les frasques du capitaine de Chelsea et désormais ex-capitaine des Three Lions ne doivent pas faire oublier que le joueur reste avant tout un redoutable défenseur. Sa mère vole à l’étalage. Son père deale de la coke. John Terry, lui, a couché avec l’ex femme de Wayne Bridge, arrière gauche de l’équipe d’Angleterre. Ensuite, il a insulté Anton Ferdinand, le frère de Rio son partenaire en défense centrale. Glen Johnson et Micah Richards, les deux arrières droits en concurrence pour le poste en équipe nationale restent sur leur garde.


Laurent Blanc qui affrontera l’Angleterre avec l’Equipe de France au premier tour de l’Euro devra quand même se méfier.

Toute blague mise à part, il en est un qui ne se pose plus de questions : Fabio Capello. Entre les déboires de son capitaine, la suspension de Wayne Rooney et les ingérences de la FA, l’Italien a décidé de claquer la porte. Un autre sélectionneur pourrait se frotter les mains de voir les Three Lions se dévorer entre eux. Mais Laurent Blanc qui affrontera l’Angleterre avec l’Equipe de France au premier tour de l’Euro devra quand même se méfier.

D’abord car le successeur de Capello pourrait être l’entraîneur de Tottenham, Harry Redknapp. Le seul mec capable d’emmener Portsmouth en finale de Cup, d’offrir une seconde jeunesse à William Gallas et de faire des Spurs des candidats crédibles au titre. Et puis même si ce n’est pas Redknapp, Alan Pardew et Martin O’Neill se tiennent prêts en renfort. Ensuite parce que Zidane ne sera pas là pour planter un doublé dans les arrêts de jeu comme en 2004. Enfin, car John Terry sera quand même présent et qu’il demeure un sacré bon défenseur.





Avec Franck Lampard, ils sont les deux seuls à ne pas être remis en cause par l’arrivée des pétrodollars d’Abramovitch

Titulaire indiscutable dans la défense centrale de Chelsea depuis 2001, Terry a été formé chez les Blues. Né dans le quartier de Barking, ce pur Londonien incarne depuis plus de 10 ans le côté historique du club. Le Chelsea qui n’était pas encore devenu « Chelski ». Le club qui existait déjà depuis 98 ans lorsque Roman Abramovitch a débarqué. Mais aussi l’équipe qui traînait une réputation de looser et une situation financière calamiteuse. Toujours placé, jamais vainqueur. Les Blues n’avaient plus remporté le championnat d’Angleterre depuis 1955. Leurs deux derniers trophées étaient la Coupe des Coupes 1998 et la Cup qu’ils remportèrent en 2000. Pourtant le club attirait déjà certains des meilleurs joueurs de Premier League. Le duo d’attaque Zola – Hasselbaink faisait trembler toutes les défenses de la ligue. Et à Chelsea la défense c’était Marcel Desailly. Notre Marcel national contribue à faire progresser John Terry. L’homme aux deux téléphones portables débarque dans l’Ouest de Londres après la Coupe du Monde 1998. Il prend le brassard de capitaine en 2001 et forme une charnière solide avec son partenaire de 21 ans. Lors de son départ à la retraite en 2004 – enfin au Qatar – c’est John Terry qui récupère le capitanat. Avec Franck Lampard, ils sont les deux seuls à ne pas être remis en cause par l’arrivée des pétrodollars d’Abramovitch. Claudio Ranieri, l’entraîneur fait ses valises malgré une deuxième place en championnat et une demi-finale de Ligue des Champions. Mourinho débarque – avec la fameuse Champion’s League dans les bagages – et surtout avec sa colonie d’anciens de Porto. Carvalho vient faire la paire avec Terry. Paulo Ferreira prend le couloir droit de la défense, tandis que William Gallas se retrouve arrière gauche. Petr Cech vient compléter cette muraille. Didier Drogba est chargé de bonifier les caviars de Lampard. Puis suivent Essien, Deco, Anelka, Malouda, Ivanovic, Ballack… John Terry les regarde tous passer, garde le brassard et surtout enchaîne les titres.


En 2006 il devient capitaine de l’Angleterre et comme à Chelsea sa régularité impressionne.

Chelsea remporte la Premier League en 2005, 2006 et 2010, fait le doublé Cup – League Cup en 2007, et décroche la FA Cup encore deux fois en 2009 et 2010. Son capitaine reçoit aussi en 2005, 2008 et 2009 le titre de défenseur européen de l’année. En 2006 il devient capitaine de l’Angleterre et comme à Chelsea sa régularité impressionne. A côté des blessures de Ferdinand et des maladresses des différents gardiens, il est le seul à être irréprochable. Du moins sur le terrain. Il perd une première fois le brassard après le « Terrygate », lorsqu’il couche avec la femme de Wayne Bridge. Avant de le perdre une nouvelle fois il y a quelques jours après ses insultes racistes envers Anton Ferdinand.
Mais John Terry a aussi un mental hors normes.
A son palmarès il manque deux grands titres et ce n’est pas l’amende de 3000 livres qu’il risque dans l’affaire des injures raciales qui le détournera de ses objectifs. Tout d’abord avec la sélection Anglaise. Pour la génération dorée des Terry, Lampard, Gerrard, Ashley Cole, l’Euro 2012 représente sans doute la dernière occasion de remporter un titre. Avec Chelsea, la Ligue des Champions qui a coûté leur place à Mourinho, Scolari ou Ancelotti, lui échappe aussi. C’est un autre dérapage, cette fois-ci sur le terrain, qui l’a empêché de soulever la coupe aux grandes oreilles en 2008. Un tel cas de figure ne devrait pas se produire à nouveau pour John Terry. La BBC a annoncé que, sélectionné ou non pour l’Euro, il ne ferait pas partie des tireurs de penaltys.


John Terry - Paulblank - Wikimedia Commons
John Terry - Paulblank - Wikimedia Commons

Posté par le Samedi 11 Février 2012
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