Foutebol
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Le Pirée est avenir

Deux rencontres, deux victoires. Les Français ont mangé grec cette semaine. Au foot comme au basket. Mais le rendez-vous de la semaine entre Hellènes et hexagonaux se tenait sur le terrain financier. Là où une défaite par forfait s’annonce rude. Pour les deux.


Pour les Grecs c’est la crise

Sous les panneaux, devant les buts ou dans le panier de la ménagère, le berceau de l’Antiquité a dangereusement tapé contre les murs cette semaine. Tapée par l’OM en Ligue des champions, broyée par Tony P. et son crew à l’Euro basket et surtout assommée sous le poids des dettes, la Grèce a plié l’échine toute la semaine. La faute aux Français, sortis vainqueurs des deux premiers affrontements face à L’Olympiakos et à la sélection de basket. Un débordement de Morel, une caresse de Lucho auront suffi au football. Une faillite grecque à 3 points et un gros Nicolas Batum faisant vibrer Yannick Noah et son rejeton sur les parquets lituaniens auront offert la qualification au basket.


Dura lex, sed lex

Deux bonnes gifles estampillées Bleu-Blanc-Rouge. Dura lex, sed lex. La loi est dure, mais c’est la loi. Une maxime en version latine acceptable quand on est short. Moins quand on est à la tête d’un pays qui a vendu sa chemise. La position inconfortable dans laquelle se trouve le Premier Ministre grec Georgios Papandréou. Et où il doit à nouveau affronter les Français, en tête du plan de sauvetage avec leurs voisins allemands. Sauf que là, une défaite par forfait donnerait un résultat supérieur à trois zéros. Pour toutes les parties. A la tête d’un pays au bord de la faillite, alors que l’Europe a débloqué 158 milliards en juillet, Papandréou avait rendez-vous au téléphone avec les capitaines de la sélection européenne, le duo Merkel-Sarkozy. Deux pays fortement engagés sur le front grec par le biais de leurs banques, qui jouent gros. Peu de choses ont fuité de cet entretien. On sait tout de même que le positionnement de Morel en ailier gauche ou la première mi-temps fantomatique d’Alou Diarra n’ont pas alimenté les débats. Par contre, le plan de relance des Grecs qui ressemble plus à une garoche dans les tribunes de Diawara qu’à une caresse de Beckenbauer, oui.


Du 3-5-2 au 8-1-1

Au 3-2-5 ultra offensif de la politique budgétaire, a été demandé à Papandréou de suppléer un 8-1-1 au canevas très serré avec dégagement dans les tribunes pour tenir le score. Le FMI s’est également immiscé dans sa vision tactique du catenaccio, validant les demandes franco-allemandes en y suspendant le versement de ses aides. « Le Premier ministre grec a confirmé la détermination absolue de son gouvernement à prendre toutes les mesures nécessaires pour mettre en œuvre l’ensemble des engagements souscrits », a souligné l’Elysée à l’issue de la rencontre. Soit une coupe franche dans les effectifs publics, des privatisations à tout-va et une imagination créative pour lever d’autres impôts. En toile de fond, que les Grecs côtoient de près, la menace de faillite du pays plane. Un forfait général qui a fait tanguer les bourses mondiales et les cours des banques françaises. Créancières de l’Etat grec à hauteur de respectivement 3,5 milliards d’euros, 1,2 milliard, 1,1 milliard et 329 millions, BNP Paribas, la BPCE, la Société Générale et le Crédit agricole ont subi les sanctions des spéculateurs. Et de Moody’s. Aussi sévère que L’Equipe les lendemains de match avec Diawara ou Amalfatino, l’agence de notation a revu à la baisse son évaluation des deux dernières. D’où les réticences à maintenir les passes en première intention de la part des banques et des états. Et l’hypothèse qui semblait encore impensable aux plus anticapitalistes : renationaliser les banques.



Défense de l'économie

Deux idées exploitables dans d’autres domaines. Un transfert règlerait la situation. De fond. Otto Rehhagel a su faire de tristes individualités une belle équipe championne d’Europe en 2004. Remercié en juillet de l’année dernière, il est libre pour le poste de ministre de l’Economie, en cumulant avec celui de la Défense. Et Michel Platini applique enfin sa vieille idée de retour à la période post-Bosman, en imposant que six joueurs nationaux soient alignés en Ligue des Champions.
Économies garanties pour la Grèce. Relance assurée pour les clubs français en Europe.

le Lundi 19 Septembre 2011
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