Foutebol
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Hop hop opium !!

Vindiou quelle sudation ! C’était dans la nuit de vendredi à samedi. Me suis réveillé en sursaut à 4 heures du mat’, à l’équerre dans mon plumard en beuglant : Naaaan !


Mais de quoi est fait le terreau dans lequel s'enracinent nos formidables besoins d'identification ? Mais qu'est-ce qui nous fait hurler à l'unisson pour un truc aussi impalpable que les résultats d'une équipe de foot ? Chacun leur tour, au gré des buts et des décalages horaires, les peuples du monde entier pètent un câble et envahissent les places, les rues. Je ne comprends pas et pourtant j'en suis totalement depuis toujours. Ça fait des bugs inconscients.


Vendredi, j'ai un peu bloqué sur la pipe

Avant le scénario du rêve catastrophe, voici les bribes de réalité dont j’ai recollé tant bien que mal les morceaux de souvenance. J’étais, comme tout bon Français, dans un état de sur-enthousiasme désordonné, dans les starting blocks à 20h50, limite faux départ.

Puis debout sur la table du salon à 21h17 (merci Giroud), faisant valser les verres d’apéros au passage. Lançant en l’air les débris coupant par poignées à 21h18 (merci Matuidi). M’entaillant profondément en glissant à genoux vers l’écran plat à 21h40 (bravo Valbuena). Courant en slip dans la rue à 22h22 (super, Benzema) et klaxonnant au volant de la 407 de mon voisin, dans le plus simple appareil, à 22h28 (bien Sissoko).

Rien de bien digne en vérité (comme dirait Lucas).
Le rêve terrifiant fut à peu près conforme, d’où son effrayant réalisme et le brouillage des frontières entre l’onirique et le concret. Il est 22h22, Benzema plante et je me vois sortir dans la rue, n’en pouvant plus de moi-même, trop à l’étroit dans tout. Je comprends mieux désormais l’irrépressible besoin qu’ont les buteurs de se débarrasser de leur maillot, quitte à se faire sanctionner, repoussant violemment les assauts énamourés de leurs coéquipiers reconnaissants, tout cela en sprintant la bouche grande ouverte, pour laisser sortir quelque chose de beaucoup trop grand.

Comme si une petite caméra Go pro me surplombait de son œil accusateur, je me vois exploser. Quand soudain, quelque chose vient me tapoter l’épaule pour me dire : « Mais qu'est-ce que tu fous abruti ?! Tu es Suisse !! ». Hein quoi ?! Un ru de sueur glacée me parcourt l’échine, car je sais en mon for intérieur que la voix dit vrai. Je suis bien Helvète, à manger du foin. Tel Guillaume qui aurait fléché son rejeton en pleine pomme, je me fige, perclus de refus, puis me recroqueville en position fœtale sur le bitume, toujours en slip, les traits de bleu, de blanc et de rouge bavant sur les joues.

Il y a de quoi beugler non ?! Oh la vache de trip !
Bon, mercredi, on se refait tourner la pipe d'opium du peuple ? Pourvu qu'elle soit bien bourrée par la Desch’, qui n’a pas l’habitude de radiner sur les doses.

Quitte à devenir un peu Équatorien dans la nuit.

Posté par le Mardi 24 Juin 2014
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