Foutebol
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12 Juillet 98 : Que reste-t-il de nos amours ?

Il remonte à ma mémoire, des souvenirs paaaaaar milliers...


Une fin d’après midi où le cœur cherche à se nouer trop tôt.
On souffle, on respire, mais rien n’y fait.

L’image d’un bus aux accents prémonitoires, France 98, quittant Clairefontaine, escorté d’une garde pacifique de bikers, drapeau flottant dans l’air.

2 craies de couleur bleue et rouge sur les joues roses de mon fils de 4 ans.
On porte l’enfant à bout de bras pour une dernière vérification dans la glace trop haute.
Ce sera bleu, rose et rouge… C’est beau.

Un regard furtif jeté par la fenêtre sur les rues de Paris.
Tout est vide.
Même les chiens ont décidé de fermer boutique.
Le sentiment d’une population rangée aux abris atomiques avec pour seule compagne, son téléviseur.
La bataille la plus rapide de l’histoire va se jouer : 1 heure et 34 minutes.



L’artiste est pressé.
Il ne veut plus entendre parler de ces fantassins de seconde zone, Fischer en 82 ou Kostadinov en 93, qui, cruelle ironie du sort, maniaient la langue de Rostand dans Cyrano de Bergerac : « A la fin de l’envoi, je touche ».



En ce 12 juillet 98, Hitchcock peut aller au diable.
Zinedine Zidane ne fait pas de cinéma, il joue au football.
Le franco algérien porte fier sa double nationalité et son crâne métissé nous rapporte gros. Une tête à droite, une tête à gauche.
Les langues coloniales peuvent ravaler leur bile.
Pour eux, ce sera : une cuillerée pour papa, une cuillerée pour maman.

La chanson est écrite, les droits d’auteur seront pour Manu qui ne pleure plus.
Un, deux, et trois zéro.

La France chante.
Open bar à tous les étages.
On ne paye plus, on boit.
« Je n’ai pas vu ça depuis la libération » me glisse un ancien Place de Clichy.
Libération… C’est le mot.

L’étoile est gravée à jamais.

L’enfant peut aller se coucher.

Il dort ?
Non, il rêve.


Posté par le Jeudi 7 Juin 2012
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